- A Vidy
- Avec le vestiaire
- Mise en scene: Tiago Rodrigues
Une famille a pour tradition de tuer un fasciste chaque annee. Mais lorsque c'est au tour de la fille d'executer le fasciste elle refuse. La piece se concentre sur ce refus et les discussions qui en decoulent. Un peu avant la fin du spectacle, la police arrete la famille et libere le fasciste. Jusqu'a present il n'avait quasiment pas parle, restant attache seul dans son coin, mais une fois libre il se livre a un horrible discours fasciste d'une vingtaine de minutes, signant la fin du spectacle.
Le refus de la fille
Le coeur du spectacle tourne autour de ce refus qui permet de questionner de nombreux points.
Tant qu'elle etait spectatrice, la fille n'avait pas de probleme a assister a l'assassinat, mais maintenant qu'elle doit se salir les mains, elle rejete l'idee. Le point ici est de comprendre combien de choses horribles ont peut accepter par passivite.
(Je fais ce resume beaucoup trop tard et j'ai oublie deja beaucoup de details)
Il me semble qu'il y a une forte interrogation sur le cote traditionnel de la chose. Est-ce qu'il faut maintenir la tradition tradition ou est-ce qu'il faut la remettre en question pour l'adapter au present et aux changements de valeurs.
Je me rappelle d'une discussion forte qu'il y a eu entre la mere et la fille ou l'incomprehension etait a son paroxysme, les deux se sentant trahies par la decision ou la reaction de l'autre.
La trahison du fasciste
Un des seuls moments ou le fasciste parle en tant que prisonnier est lorsque l'un des freres vient le confronter. Il vient leurer le fasciste en lui vantant ses merites de business man et lui propose de le liberer si en echange ils s'associent pour monter un business. Le frere lui propose de denoncer un autre fasciste qui pourrait prendre sa place en tant que prisonnier.
Lorsque le fasciste designe un autre fasciste, le frere revele la fainte et le remercie d'avoir choisi la victime de l'annee suivante.
On a ici un passage assez troublant: alors qu'on a l'impression que le frere est en train de trahir sa famille, baissant l'estime que l'on porte pour lui, et alors que le fasciste est prisonnier, le jeux se retourne pour accabler le fasciste de trahir les siens pour sauver sa peau.
Le discours final
Lorsque le fasciste prends les devants de la scene, la lumiere dans la salle se ralume. En tant que spectacteur on se retrouve sorti de la piece pour devenir auditeur d'un fasciste deroulant un horrible discours. J'ai beaucoup apprecie cette transition qui nous force a nous questionner sur notre position: peut-on rester spectacteur de n'importe quoi ou est-ce notre role de refuser certains propos? Le metteur en scene nous force a prendre position et a reagir. Dans la salle, les gens commencaient a huer ou a sortir.
Le plus effrayant etait de voir certains spectacteurs se retourner et montrer leur agacement vis a vis des autres personnes qui huaient ou partaient.
Pour moi, il y avait clairement cette envie de sortir et de ne pas rester dans la salle ecouter ce discours. Mais les choses devenaient aussi interessantes avec la reaction des autres spectateurs et l'envie de voir comment cela allait continuer. Le spectacle etait aussi tres bien et l'envie d'applaudir les acteurs etait la. Finalement je suis sorti avec quelques autres du vestiaire, puis revenu sur le bord pour applaudir la toute fin.
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